Cela faisait longtemps que l’on parlait de l’éventualité
de la création d’un nouveau parti islamiste à connotation prétendument
modérée. En existe-t-il ? A voir ce qui se passe aujourd’hui en Turquie
et les desseins secrets d’Erdogan de ré-islamiser petit à petit une
Turquie laïque depuis plus d’un siècle, un islam modéré concocté par le
mouvement des frères musulmans est plus que douteux…
Mais passons. Pour le cas tunisien, il s’agirait plutôt d’un parti
que Néjib Karoui serait en train de créer avec son ami de toujours,
l’ancien chef du gouvernement Hamadi Jebali et auquel on donnerait une
appellation oh combien fédératrice : « Al Wifak Al Watani ».
Précisions quand même que rien n’est confirmé à ce propos par les
protagonistes eux-mêmes mais qu’il s’agit tout juste d’informations
recueillies ici et là et qui versent toutes dans le même récipient :
celui de la possibilité de l’apparition d’un nouveau parti à l’instar de
l’AKP turk.
Hamadi Jebali,
rappelons le, avait déjà déclaré qu’il pourrait se présenter en tant
qu’indépendant à l’investiture suprême. Est-ce sa manière à lui de
préparer sa sortie de son parti d’adoption la
Nahdha
quoiqu’il ne rate pas une occasion pour y confirmer son appartenance
totale. Mais c’est ça la politique, on ne déclare jamais ses intentions
lorsqu’elles sont encore au stade de la réflexion même quand elle est
avancée…Mais qu’il y ait réflexion dans ce sens, reflète une posture
intelligente et clairvoyante, si l’on veut car un nouveau parti
« modéré » pourrait ramasser toutes les voix déçues par l’exercice du
gouvernement dirigé par Hamadi Jebali pendant une année avant de sortir
par la grande porte et d’en céder l’héritage à Ali Larayedh après en
avoir écarté du moins officiellement Noureddine El Bhiri.
Hamadi Jebali est sorti grandi de sa démission, il a prouvé au peuple
qu’il sacrifie le pouvoir aux intérêts de la nation. De la
manipulation ? Tout est possible en politique. D’ailleurs dans ses
déclarations, l’ancien chef du gouvernement tient à se démarquer de la
Troïka y compris de son propre parti et de l’opposition. Dans l’une de
ses interventions lors de son récent passage au Canada, il indique :
« La Troïka et l’opposition sont à l’origine de l’échec de mon
gouvernement, car ils ont dépensé toute leur énergie dans des polémiques
et des querelles politiques dénuées de tout fondement logique,
destructrices et n’allant pas dans le sens de la construction du pays ».
Jebali a parlé du projet de la Constitution, qui sera incessamment
soumis à l’approbation des députés comme s’il s’agissait de l’étendard
des libertés, de la civilité de l’Etat et de la préservation du modèle
de vie tunisien, omettant de dire qu’elle était minée grâce à un certain
Habib Khidhr et ses maîtres à penser et qu’elle ne correspondait pas
aux attentes et aux ambitions du peuple tunisien.
Dans le même temps, Hamed El Karoui, Premier ministre de
Ben Ali
pendant plus de 10 ans et père de Néjib El Karoui dont le background
est islamiste et réputé très proche de Hamadi Jebail, vient de déclarer
son intention de constituer un front destourien et n’épargnant pas ses
critiques au parti
Nida Tounes.
Hamed El Karoui veut-il offrir à son fils un cadeau en lui offrant le
Sahel lequel allié à Hamadi Jebali, lui-même natif de la région de
Sousse constituerait une assise électorale solide dans les prochains
mois ?
L’idée n’est pas du tout à écarter au vu du crédit accordé par les
sondages d’opinion à Hamadi Jebali et aux sorties répétitives de Néjib
El Karoui dans les médias.